A propos de Pina Bausch

A propos de Pina Bausch

Dès ses premières œuvres comme Le Sacre du Printemps (1975), ou Café Müller (1978), Pina Bausch (1940-2009) a renouvelé la gestuelle de la danse, comme l’explique ici Mélanie Papin, doctorante au Centre de danse de l’Université Paris 8.
Affecté de mouvements indicibles, fragile, tout en discontinuité malgré son ancrage dans le sol, le corps des danseurs de Pina Bausch exprime la douleur, il est travaillé par des blessures secrètes, qui échappent à la logique et la raison du déplacement. La danse de Pina Bausch explore un champ de variations autour des étreintes, des convulsions, des spasmes, de la violence, de l’émotion viscérale, du tumulte des passions…
La danse de Pina Bausch s’inscrit dans l’histoire du « geste expressionniste » tel qu’il avait été défini par Rudolf Laban (1879-1958), Kurt Jooss (1901-1979) ou encore Mary Wigman (1886-1973). Face à une réalité angoissante, le désespoir oblige à trouver des états de corps et de langage nouveaux pour la conjurer. La postérité de Pina Bausch, notamment chez Joëlle Bouvier et Régis Obadia en France, est à chercher dans cette violence des corps qui s’entrechoquent.

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Mélanie Papin

Mélanie Papin est doctorante au centre de danse de l’université Paris 8.